Si vous voulez innover: pensez de manière opposée et non différente


Depuis près de deux ans, j’ai le plaisir de piloter le projet OMI (nom de code pour Option Marketing & Innovation). Ma marque de fabrique: mélanger les genres, mélanger les métiers et les cultures et oser une approche pédagogique différente en intégrant systématiquement les étudiants dans la plupart de mes projets. Les rencontres effectuées dans le cadre du cours OMI-1 m’ont permis d’imaginer un nouveau projet sur lequel je travaille depuis septembre 2009 en compagnie de deux classes d’étudiants en formation en emploi, le lancement du premier Ce projet s’inscrit dans le cadre de la création d’une option transdisciplinaire sur le thème de l’innovation. L’objectif de cette option est de développer, chez les étudiants, une vision systémique du processus complexe qui conduit à l’innovation. Pour ce faire, les étudiants travaillent sur la base de trois à cinq projets confiés par des des instituts Ra&D de la HES-SO, des start-up ou des PME, accompagnés par des designers issus de l’écal, d’un ingénieur spécialiste en innovation de l’epfl, de spécialistes en recherche marketing et d’une spécialiste en créativité. L’originalité du projet tient au fait qu’il met en œuvre les outils du marketing et du design prospectif dans le but de combler l’écart qui existe habituellement entre les technologies issues des projets de Ra&D et une possible démarche commerciale.


Pourquoi est-ce important ?


Tous les experts se rejoignent quand le thème de l’innovation est évoqué. Il s’agirait du seul moyen de répondre à la fois aux défis du progrès technique et de la mondialisation. Par contre, bien souvent « innovation » est synonyme de produit nouveau ou d’innovation technologique pure alors qu’il conviendrait plutôt de parler d’innovation d’usage. Plus de 80% – parfois plus – des nouveautés mises sur le marché ont une durée de vie très courte et disparaissent souvent dans les 2 ans après leur mise sur le marché Ces échecs peuvent notamment s’expliquer parce que le processus d’innovation dans les entreprises est trop souvent cloisonné. Les différents experts qui travaillent sur son développement ne le font pas en collaboration étroite et interviennent successivement sans réel échange et travail trans-disciplinaire. Ce sont les organisations ouvertes, capables de travailler en réseaux avec de nombreux partenaires qui innovent le plus. Nous devons donc proposer une formation permettant d’éviter le conformisme engendré par l’approche classique du management et de la formation afin d’offrir un cours résolument novateur qui permet de décloisonner ces mondes. Si on souhaite développer chez nos étudiants des compétences dans le domaine de l’innovation, il convient alors de leur offrir une formation nouvelle, unique et qui se situe au carrefour des mondes de l’ingénierie, du marketing et du design.


Baromètre des Suisses et du Développement Durable


Ce baromètre est le résultat d’une étude de marché quantitative et qualitative sur le comportement des Romands en matière de développement durable et qui a comme objectif d’offrir un panorama exhaustif et représentatif des sensibilités en matière de développement durable et de consommation éthique. A ce jour, aucun autre baromètre n’existe en Suisse. Ce projet exclusif en Suisse a été mené conjointement entre une association leader dans la communication du développement durable en Suisse romande grâce à l’aide précieuse de sa directrice Barbara Steudler et un Institut de recherche reconnu pour son professionnalisme et la pertinence de ses études via son directeur Joaquin Fernandez et la HEIG-VD par mon intermédiaire. Les résultats vous seront présentés et commentés lors de la conférence de presse en présence d’un parterre de personnalités (le programme suivra ultérieurement). Une partie des résultats sera aussi publiée début avril sur le site internet dédié au «Baromètre Suisse du développement durable»


Vous allez me dire, mais quel est le lien avec l’innovation?


En fait, je me suis rendue compte que j’innove constamment dans ma façon d’envisager mon métier : l’enseignement. Il suffit de penser «à l’opposé» et ne de pas se limiter à des limites financières ou administratives: «c’est trop compliqué, on n’a pas les fonds, on ne peut pas intégrer des étudiants à ce genre de projets, blablabla» Voilà le genre de remarques glanées au fil du temps. Et bien, non! Il faut imaginer des projets hors normes. Il faut oser les mettre sur pied malgré les apparentes difficultés. Si le projet est porteur et mené par des personnalités motivées et ayant le goût du risque, les financements suivent, les difficultés s’aplanissent et les résultats sont au rendez-vous.